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Influenceur IA : ce que c'est, ce que ça engage

Le mot circule depuis que des comptes suivis par des centaines de milliers de personnes ont admis que leur visage n'avait jamais existé. Il recouvre pourtant trois choses très différentes, dont une seule a un rapport avec la fabrication de publicités. Cette confusion coûte de l'argent, parce qu'elle pousse des marques à construire un personnage quand elles avaient simplement besoin d'une vidéo.

Ce que le mot désigne

Un influenceur IA est un compte tenu au nom de quelqu'un qui n'existe pas. Le visage est généré, la voix est généralement synthétique, et une équipe ou une personne décide de la ligne éditoriale, du rythme de publication et des marques acceptées. L'objet vendu est le même que celui d'un créateur humain : une audience et l'attention qu'elle accorde.

Ce qui change, c'est la source de cette attention. Un créateur humain est suivi pour ce qu'il vit. Un personnage fabriqué est suivi pour ce qu'il est, c'est-à-dire pour une esthétique, un univers ou une curiosité. La seconde tient moins longtemps et demande un travail d'écriture que personne n'annonce quand il présente le procédé comme une économie.

Trois choses sous un seul mot

Le personnage autonome. Un compte avec un nom, une histoire et une publication régulière. C'est un média à construire, avec des mois d'investissement avant la première recette.

L'égérie de marque. Un visage généré qui n'appartient qu'à une marque et apparaît sur ses propres supports. Il n'y a pas d'audience à conquérir : la marque parle à ses clients avec un porte-parole constant. Le risque n'est plus éditorial, il est juridique et tient aux mentions.

Le présentateur dans une publicité. Une personne à l'écran qui dit une accroche, montre un produit et donne une instruction. Elle n'a ni compte, ni biographie, ni abonnés. C'est le cas le plus fréquent et le seul qui ne demande aucune construction d'audience.

Les trois se vendent sous la même expression. Seul le troisième est un format publicitaire, et c'est presque toujours celui dont une marque a besoin lorsqu'elle cherche à vendre un produit ce mois-ci.

Ce que la loi française exige

La loi du 9 juin 2023 encadre l'influence commerciale. Son article 5 impose deux mentions distinctes et complémentaires : l'une lorsque l'image a été retouchée pour modifier une silhouette ou l'apparence d'un visage, l'autre lorsque des images représentant un visage ou une silhouette ont été produites par un procédé d'intelligence artificielle. La mention doit être lisible et identifiable sur le contenu lui-même, quel que soit le format.

Deux conséquences pratiques. D'abord, la mention porte sur le visage, donc un personnage entièrement fabriqué est concerné par construction. Ensuite, le caractère publicitaire reste à signaler séparément : une collaboration commerciale portée par un personnage généré cumule les deux obligations plutôt que de remplacer l'une par l'autre.

Le texte a été modifié depuis sa promulgation, notamment sur la présentation des mentions. Avant de lancer une campagne, vérifiez la version en vigueur sur Légifrance plutôt qu'un article de blog, le nôtre inclus.

Ce que le règlement européen ajoute

L'article 50 du règlement européen sur l'IA impose à celui qui diffuse un contenu généré ou manipulé par un système d'IA, ressemblant à des personnes, des lieux ou des événements réels et susceptible de passer pour authentique, d'indiquer que le contenu a été produit ou modifié artificiellement. Ces obligations de transparence s'appliquent à partir du 2 août 2026.

Un personnage synthétique qui ressemble à une personne réelle entre dans cette logique. Un univers manifestement imaginaire en sort, mais la frontière n'est pas celle que l'intuition suggère : un visage photoréaliste inventé reste une ressemblance avec un être humain, pas une fantaisie.

Le vrai coût d'un personnage permanent

Les frais de production sont la petite ligne de la facture. La grande, c'est la constance.

Un personnage doit paraître le même d'une publication à l'autre : même visage, même corps, même grain, même voix. Les modèles d'image dérivent d'une génération à l'autre, et un abonné attentif remarque qu'un menton a changé avant de savoir pourquoi le compte lui semble faux. Il faut aussi une ligne éditoriale, des réponses en commentaires, et une décision sur ce que le personnage pense du monde.

Ajoutez le risque de plateforme. Un compte fabriqué dépend de règles sur les contenus synthétiques qui évoluent plus vite que les lois, et une audience construite pendant un an disparaît avec une suspension.

Quand une publicité suffit

La question utile n'est pas « faut-il un influenceur IA », mais « ai-je besoin d'une audience ou d'une vidéo ».

Si l'objectif est de tester dix accroches sur un produit avant la fin du mois, un personnage permanent n'apporte rien : il faut dix vidéos et un budget média. L'anatomie d'une publicité UGC décrit la structure attendue, le guide des avatars IA sépare les deux familles d'outils qui fabriquent une personne qui parle, et le guide des acteurs IA traite le casting et le consentement.

Si l'objectif est de bâtir un média propriétaire sur deux ans, le personnage redevient défendable, à condition de budgéter l'écriture et non seulement la génération d'images.

Comment Sosie s'intègre

Sosie fabrique des publicités, pas des comptes. Vous filmez jusqu'à quarante secondes au téléphone, votre propre texte, dans la pièce où vous êtes. Vous choisissez un présentateur du catalogue, vous en décrivez un que Sosie génère, ou vous importez la photo d'une personne qui vous a donné son accord écrit ; les personnalités publiques sont bloquées. Votre voix, votre rythme, vos expressions et vos gestes sont conservés et portés par ce présentateur, placé par défaut dans votre propre pièce, ou sur son décor si vous préférez.

Le rendu est un MP4 vertical 1080p sans filigrane, utilisable commercialement, y compris en diffusion payante, en environ cinq minutes pour vingt secondes. Un crédit couvre vingt secondes, deux crédits jusqu'à quarante. Une retouche de décor est l'autre type de rendu : votre plan reste tel que filmé et un vêtement, un objet ou le lieu change à partir de photos de référence, pour des clips de trois à trente secondes. Les crédits s'achètent en abonnement ou en packs sans expiration, à partir de 39 €, aucune formule n'existe sans paiement, et un rendu en échec est remboursé. La consigne du produit reste la présentation et la démonstration, jamais le témoignage.

Un test avant de lancer un compte

Écrivez les douze premières publications de votre personnage, en entier, avant de générer la première image. Si l'exercice est pénible, vous ne cherchiez pas un influenceur IA : vous cherchiez une publicité, et elle demande une prise de vingt secondes plutôt qu'un an de calendrier éditorial.

Questions

Qu'est-ce qu'un influenceur IA exactement ?

Un compte tenu au nom d'une personne qui n'existe pas. Le visage, la voix et parfois la biographie sont fabriqués, et quelqu'un décide chaque semaine de ce que ce personnage publie. Ce n'est pas un format de publicité, c'est une audience à construire, avec le travail éditorial que cela suppose.

Faut-il signaler qu'un personnage est généré ?

Oui dans les cas qui nous intéressent. En France, un contenu d'influence commerciale comportant un visage ou une silhouette produit par un procédé d'intelligence artificielle doit porter une mention à ce sujet. Le caractère publicitaire du contenu doit en outre être indiqué, comme pour n'importe quelle collaboration.

Un influenceur IA coûte-t-il moins cher qu'un créateur ?

Le calcul se fait sur des mois, pas sur une vidéo. Une publication isolée coûte peu à produire, mais un personnage qui n'a pas d'audience n'a aucune valeur, et construire cette audience demande une publication régulière pendant des mois. Un créateur existant vend justement l'audience qu'il a déjà.

Peut-on donner le visage d'une personne réelle à un personnage ?

Seulement avec son accord écrit, et jamais pour une personnalité publique. Un visage est un attribut de la personne, et son usage commercial sans autorisation est une faute, que l'image ait été photographiée ou générée.

Pour vendre un produit, faut-il un personnage ou une publicité ?

Une publicité, dans la très grande majorité des cas. Un personnage permanent sert une stratégie de marque sur le long terme ; vendre un produit cette semaine demande une accroche, une démonstration et un appel à l'action, qui tiennent dans une vidéo sans compte dédié.

Sources

  1. https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/article_jo/JORFARTI000047663211
  2. https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000047663185
  3. https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/faqs/transparency-obligations-under-article-50-ai-act
  4. https://sosie.live/fr
  5. https://sosie.live/fr/guides